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![]() Sketches of Pain3...Extremes
4 mai 2005.
Miike, qui n’en est pas à sa première mutation, propose d’illustrer son propos dans un style singeant autant Kiyoshi Kurosawa que Lynch, avec une distorsion de la temporalité qui - si elle est efficace - a pourtant bien du mal à donner le change aux autres sketchs. Logiquement cet épisode le plus faible est donc placé en tête de la collection, et cette gradation ne se démentira pas. La tentative de faire un film de Pandore, une boîte ou tiendrait beaucoup plus que ce qu’elle paraît pouvoir contenir, se nomme - voyez la subtilité - "La Boîte". Ni bonne ni mauvaise, l’intrigue cousue d’inceste et de flashbacks tend à se replier dans l’espace forclos, claustrophobe, d’un accessoire de cirque, origine et aboutissement de toutes les névroses. Hélas sans surprise. Si on passe un cran au dessus avec les "Beignets" de Fruit Chan, ils nous laissent cependant un léger goût de film mort-né sur la langue, sans doute compensé par la version longue de ce même scénario, tournée dans le même mouvement. En effet la réponse de Chan à la contrainte du court est justement de le faire comme un long. En mettant en scène le film sans doute le mieux produit jusqu’alors de sa carrière, il en profite pour engager le très courtisé chef opérateur Chris Doyle, des comédiens pros, et visiblement se délecte de ses nouvelles possibilités, oubliant un peu l’urgence qui faisait la grâce de ses précédentes réussites. Mais sans ajouter au cortège de louanges qui accueillent ce segment, convenons quand même de ses réelles qualités esthétiques et de critique sociale. Signé Park Chan-Wook il s’agit, une fois n’est pas coutume, d’une histoire de vengeance. Si on a encore du mal à se persuader que Park n’usurpe pas un peu sa place de réalisateur de premier plan, il faut cependant reconnaître que la partie qu’il réalise ici est de loin la plus aboutie et maîtrisée. On y retrouve les fondamentaux de ses scénarios : une machination implacable, un enlèvement, nombre de supplices moraux et physique, le piétinement des valeurs du couple, le tout cette fois pris dans les rets d’une construction limpide. Soit une stylisation de son savoir-faire qui était déjà lui même épuré, d’une efficacité absolument redoutable laissant le spectateur sans voix, pris de vertiges à la lisière du mauvais goût où évolue son univers. A l’heure où l’on parle beaucoup de l’émergence d’une cinématographie pan asiatique, cette expérience renouvelée (cf. "Trois, Histoires de l’au delà", 2003) de co-production entre trois jeunes maisons s’avère concluante. Qu’elle soit relayée en France par la politique éditoriale aventureuse de Wild Side, responsable des dernières sorties des films de Miike comme de "Oldboy", mais aussi d’éditions de DVD prestigieuses, n’étonnera personne. En 2005 ils fêtent leurs trois ans. Trois ans...extrêmement biens. 3 Extremes, le 4 Mai 2005
B. Illos
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