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Beckett sur console

Purgatoire : J.Lacoste : Colline
2 mars 2007.
 


Difficile de faire plus de promesses que Joris Lacoste vendant Purgatoire dans sa note d’intention :
« Vous aimez les pannes de courant, les sauts dans le vide, les explosions vues d’une fenêtre, les voitures qui brûlent au loin ?
[…] Du grand spectacle ? De la tragédie contemporaine ? De la catharsis pour tous ? Purgatoire est pour vous. »
Alors on compatit un peu à l’amertume de notre voisin qui, sorti, ne peut s’empêcher de constater : Il ne s’est rien passé…
Pourtant nous n’avons pas été trompés : panne de courant, sauts dans le vide, explosions… Tout était presque là, mais dans l’entre-deux du langage. Ce purgatoire est plein d’imprécations, les menaces pleuvent « certains d’entre vous vont sortir…certains vont se sentir mal…finiront débiles » (rires, malaise).
Une déception fort bien préparée.
Les comédiens n’oseront pas trop vous l’avouer d’abord « mais d’habitude c’est mieux ». Première excuse. La vérité c’est que c’était trop cher. « Plusieurs milliards d’euros ». Il ne reste plus qu’à apprécier l’élégance avec laquelle on se fait flouer. Et il faut admettre que Lacoste s’y entend. Il décrit le délitement absurde du spectacle avec une habileté d’illusionniste et une profondeur réflexive fascinante
On imagine ses jeux d’enfant. L’ombre du labyrinthe qui découpe l’espace de la petite salle de la Colline se décline en parallélépipèdes – des enceintes aussi parois, building, un jeu de construction dans lequel il dispose ses figurines, les arrange, les retire. L’ère du théâtre de marionnettes chère au Wilhelm Meister de Goethe, qui enfant y découvre la vocation, les souvenirs de Bergman avec sa laterna magika, sont loin derrière nous. Pour les enfants du siècle place au jeu vidéo, aux arrêtes, à l’isométrie, aux lignes qui se recoupent sans trop de logique dans des perspectives troublantes. On se déplace donc sur scène comme mu par une intelligence artificielle. La voix aussi se change en grattements robotiques, démonstration étonnante de comédienne ayant appris par cœur un cd rayé et ses ratées.
Et on ne peut sortir de la salle sans l’idée que c’est un très bon spectacle qui n’a pas eu lieu ce soir là au théâtre de la Colline.

Purgatoire de Joris Lacoste
Théatre de la Colline
Mars 2007


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Quelques liens :
extraits sur theatre-contemporain.net
Bande annonce et présentation de Joris Lacoste en vidéo sur le site de la Colline
 

Attente : Rashid Masharawi
Gentille : Sophie Filières
Vera Drake : Mike Leigh
A Travers la forêt : Civeyrac
The Shield : Shawn Ryan
Charlie et ... : Burton
Travaux : Brigitte Roüan
3...Extremes
Eternal Sunshine : Gondry
Obras : Hendrick Dussolier


Purgatoire : J.Lacoste : Colline
Adeline Frossard : sans titre 2005
Electra : Le Voyage Intérieur
Dada : Beaubourg
Kim Hiorthoy
Richard Kern


Gontcharov : Oblomov
J. Fforde : L’Affaire Jane Eyre
Everyday : Nananan
20th Century boys : Urasawa
Les Araignées : Fritz Lang
Jeunesse Soviétique : Maslov
Blue : Kiriko Nananan
Les Boutiques de Cannelle


Duracell : Turrican
Amen Break : N.Harrison
I Love Death : H. Häyhä


Fuh & The Fagetz
Filastine : Burn It
Halfstrike : After Deep Rest
Depth Affect : Arche Lymb
Great Jewish Music : Gainsbourg
Soirées Nomades : Battles
Wisp : NRTHNDR
Non-Stop : Road Movie...
Why ? : Elephant Eyelash
Vex’d : Degenerate
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