On avait déjà l’Italie bien fixée sur notre carte du bruit avec le manifeste de Russolo, ou plus récemment avec Zu, Marlene Kuntz ou l’Enfance Rouge.
Il faut compter maintenant avec deux formations plus récentes de la région de Turin, qui comme tous les bassins industriels ne cesse pas de recycler le crépitement de ses machines. Ceux là, à en juger par l’assourdissant déluge de leurs disques respectifs, sont loin d’être prêts à se taire.
Tout d’abord Fuh, qui signent avec leur EP Int/Ext une trêve réussie entre la brutalité de guitares biens punks et une écriture traversée de loin en loin par le souvenir d’un parfum de chansons. Ainsi alternent des titres aux mélodies embarquées sur des rythmiques complexes comme Goodbye June
et des pulsations plus dérangées, jouées avec l’objectif avoué de foutre le bordel, comme Close the Gate.
Cette fougue entre éclat de rire et noirceur leur a fait décrocher la timbale cette année au Arezzo Wave , important concours des indépendants Italiens, on ne doute donc pas de les réentendre bientôt dans des conditions optimales.
Dans un projet jumeau on retrouve l’un des compères guitariste de Fuh pour une musique beaucoup plus proche de l’improvisation, plus ironique mais peut être aussi encore plus ancrée au fond des tripes. Chez The Fagetz certains titres transpirent un état d’esprit nihiliste, table rase nécessaire à l’éclosion d’une énergie libérée, hésitant entre humour et violence.