Une exposition symboliste et décadente intitulée Le Voyage Intérieur : Paris London se tient ces jours ci à l’espace Edf Electra. Elle emprunte son esprit tant à la Villa Khnopff aux abords de Bruxelles qu’au livre de Huysmans, A rebours. On y entre par un couloir inquiétant, où un souffle sonore soulève de petits pans de rideaux derrière lesquels on imagine un espace baigné de lumière. La scénographie labyrinthique agence différents espaces et stimule la curiosité du visiteur. Le Black Box Planetarium est une salle obscure où des images marines chatoyantes sont projetées derrière deux têtes sculptées de dictateurs. Des substances minérales se déposent et déforment étrangement les bustes. Dans le Salon Egyptien est exposé un triptyque de peintures habitées par des silhouettes féminines douces et mystérieuses. Des objets traditionnels détournés deviennent exubérants : collages d’images gays sur un lustre chinois, gramophone où trône une cervelle de pierre... Au final toutes ces attractions rendent ce Voyage distrayant... comme une maison fantôme à la foire du Trône.
Cela fait un petit moment que toute une veine de la création contemporaine ne cherche plus à nous émouvoir et c’est bien dommage. Provocateurs plus qu’enchanteurs les créateurs exposés sont attachés, via leurs nouveaux médiums, à renouveler les codes.
Le Voyage, par la pluralité des approches ressemble à un cabinet de curiosité et collectionne un ramassis d’objet hermétiques et insolites. Si ces œuvres sont placées sous le signe du symbolisme et de l’ésotérisme, on accepte de ne pas les comprendre. Souvent d’autres ne le sont pas et on ne les comprend pas d’avantage. Tantôt les pièces appellent une initiation, et on se dit que les artistes feraient de bons gourous ; tantôt on les comprend si clairement qu’on leur conseillerait de faire de la politique.
Ici ces œuvres, typiques de l’époque, questionnent la démarche artistique contemporaine ; mais ces questions ne concernent-elles pas seulement ceux qui les posent ?
Espace Edf Electra : Le Voyage Interieur, Paris London
6 rue Récamier, Paris VII
Jusqu’au 16 Mars