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![]() Pompidou bouffonDada : Beaubourg
20 octobre 2005.
Peut-être faut-il ensuite convoquer un auteur que l’accrochage de Beaubourg maintient dans l’ombre, malgré son rôle capital dans l’histoire du mouvement français, et pour lequel l’estime est mitigée, peut-être entre autre à cause de ce texte un peu revanchard qu’est Mémoires de l’Oubli. Pourtant avec ce titre Philippe Soupault mettait le doigt sur une problématique qui occupe très précisément les commissaires de l’exposition : documenter une histoire de l’art assise sur les cris et les provocations, dépassant largement les cimaises et les tables de libraires pour s’inscrire dans la chair d’un temps - du fait des guerres - plus transitoire que jamais. Ainsi, s’il y a parfois du mauvais goût ici (en règle général tout ce qui se veut « interactif », des installations en mouvement de Duchamp enfermées dans du plexi aux pièces sonores où se télescopent sans intérêt poèmes et musiques) il y a aussi une réussite compilatoire dédalesque où, pour qui veut bien se perdre pendant quelques heures il est possible de papillonner de pièces majeures (L’œil Cacodylate de Picabia, l’Ubu de Ernst) en longues vitrines de manuscrits délirants et de journaux anarchisants, de films à revoir mille fois comme le Retour à la raison de Man Ray ou sa sculpture urticante Cadeau ; l’expansion presque virale des marqueteries de Schwitters, les fameuses Têtes Dadas de Taeuber-Arp... On en profitera bien pour, par principe, pouvoir se refuser d’acheter un catalogue qui s’il est énorme, n’en est pas moins hors de prix (40€) et imprimé sur du mauvais papier. Dada
Benjamin Ferrand
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