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Flics ou voyeurs ?

The Shield : Shawn Ryan
3 août 2005.
 


L’étalon de la série policière a un temps été NYPD Blue, à juste titre sans doute. Elle associait à une galerie de personnages d’une épaisseur intéressante (flic alcoolique repenti, au malaise familial profond, victimes psychotiques ou criminels pathétiques...) une mise en scène qui révolutionna le genre engoncé dans sa fixité. Multipliant les plans à l’épaule en décors urbains, déniaisant flics et voyous de télé qui ne provoquaient guère plus que le rire en comparaison de leurs collègues du grand écran ou de séries plus noires, NYPD Blue a ouvert la voie à d’autres séries réalistes qui bientôt la dépasseraient.
Violent symptôme d’ailleurs, les flics new-yorkais, après douze ans de loyaux et moins bons services, ont raccrochés leurs plaques en début d’année. Il serait difficile de nier qu’après avoir été en son temps novatrice, la série était en perte de vitesse et de créativité, et si on en cherche la raison - et non la cause - sans doute était-ce directement lié au cahier des charge d’un grand network tel qu’ABC qui, même en seconde partie de soirée, ne pouvait éviter de se conformer à une certaine morale bien pensante.

Certains par contre se moquent bien de la morale. La surprise arriva logiquement par un network du cable, mal connu sous nos lattitudes, F.X. (une filiale de la Fox), qui allait s’offrir le luxe de produire une série repoussant très loin la bienséance du discours sur les forces de police. Sans jamais faire mentir son slogan (The road to justice is twisted, littéralement "les voies de la justice sont tordues") The Shield est tournée à un rythme et à un niveau presque constant depuis 2002.
Elle met en scène dans les rues de Los Angeles les officiers d’un commissariat "pilote" implanté dans les bas quartiers, et plus particulièrement les membres d’une unité d’intervention anti-gangs, la Strike Team. A la tête de celle ci a été placé, par connivence avec le chef du district, Vic Mackey, un genre de pourri très ambiguë, à la fois bras armé surviolent de la justice et oreille attentive aux soucis des pires malfrats, bon père de famille et bouillant consommateur de services sexuels.
La brigade est d’autant plus soudée que son indépendance, et souvent son impunité lui attirent des ennemis hargneux parmi ses collègues et sa hiérarchie directe. Et comme-ci cela ne suffisait pas, la tentation de plonger chaque jour plus loin dans leur part d’ombre criminelle achève de faire de la vie de ces quatre étranges recrues de la nation un cauchemar paranoïaque total.

Dans The Shield la qualité réaliste tient autant à une mise en images électrisante qu’à une écriture qui soigne son scénario, ses punch-lines, ses scènes d’action, écriture qui à value à son auteur Shawn Ryan (pourtant responsable du déplorable Angel - boy-friend de la non moins navrante Buffy) un Golden Globe en 2003. Un bon grain de super16 sous le soleil trop cru de Los Angeles, des histoires sordides sorties d’on ne sait quelle pissotière de commissariat, mêlant rivalités communautaires, sévices sexuels, déviances politico mafieuse et abus de pouvoir font de The Shield ce qu’on a vu de plus vrai à la télévision depuis... a-t-on même déjà donné de manière aussi directe dans nos petits tuyaux hertziens encrassés les clés de compréhension d’une société en état de déréliction terminale ?
Servi par un casting également primé - on note d’ailleurs que Michael Chicklis s’en va faire la chose avec les Fantastic Four - n’est pas Johny Depp qui veut - on se dit qu’on tient là une série qu’il va être difficile de rendre obsolète. Son titre seul était déjà programmatique : The Shield, le bouclier qui figure sur les plaques des forces de l’ordre, symbolise leur devise, to protect and serve. Pas besoin d’un dispositif de télé réalité placé à bord des véhicules de police pour savoir qui nous protège de nos protecteurs : Personne.

Addictif comme une boîte de chocolat, la vision des trois premières saisons, déjà diffusées, publiés en DVD, et bientôt rediffusés sur le service publique (France3 vient d’en acquérir les droits) vous laisseront, malgré la quarantaine d’épisodes, très vite sur votre faim, et vous ferez bientôt partie de ces hordes d’internautes qui guettent de l’autre côté de l’atlantique ce qui va survenir dans la saison 4, programmée à la rentrée sur Canal+, et qui introduit Glenn Close en nouvelle chef de brigade.

B. Illos

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Selon le Hollywood Reporter Forest Whitaker rejoindra à son tour la série pour sa cinquième saison.
Il endossera l’uniforme de l’agent fédéral Jon Kavanaugh chargé d’enquêter sur les méfaits de Vic Mackey, « le plus grand danger de l’histoire de la Strike Time » si l’on veut bien croire les créateurs de la série...
 

Attente : Rashid Masharawi
Gentille : Sophie Filières
Vera Drake : Mike Leigh
A Travers la forêt : Civeyrac
The Shield : Shawn Ryan
Charlie et ... : Burton
Travaux : Brigitte Roüan
3...Extremes
Eternal Sunshine : Gondry
Obras : Hendrick Dussolier


Purgatoire : J.Lacoste : Colline
Adeline Frossard : sans titre 2005
Electra : Le Voyage Intérieur
Dada : Beaubourg
Kim Hiorthoy
Richard Kern


Gontcharov : Oblomov
J. Fforde : L’Affaire Jane Eyre
Everyday : Nananan
20th Century boys : Urasawa
Les Araignées : Fritz Lang
Jeunesse Soviétique : Maslov
Blue : Kiriko Nananan
Les Boutiques de Cannelle


Duracell : Turrican
Amen Break : N.Harrison
I Love Death : H. Häyhä


Fuh & The Fagetz
Filastine : Burn It
Halfstrike : After Deep Rest
Depth Affect : Arche Lymb
Great Jewish Music : Gainsbourg
Soirées Nomades : Battles
Wisp : NRTHNDR
Non-Stop : Road Movie...
Why ? : Elephant Eyelash
Vex’d : Degenerate
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