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Spider Mensch

Les Araignées : Fritz Lang
28 juin 2005.
 


Quel esprit un peu évaporé ne se laisserait pas flotter le temps d’une après-midi dans les courants balisés d’un roman de gare ? Les Araignées est de surcroît signé Fritz Lang, on s’imagine pire compagnie, et c’est le seul roman publié par le réalisateur.
Certains s’étonneront d’ailleurs de ne pas lire en couverture le nom de Théa Von Harbou, co-scénariste et femme de Lang durant la première partie de sa carrière. En effet le style correspond beaucoup aux scénarios adaptés ou coécrits par le couple (Espions, Mabuse, Eschnapur...), à leur rythme trépidant, leur perception dédalesque de la cité ; mais le couple ne se rencontre qu’en 1920 et ce roman date, lui, de 1919.

L’infatigable sportsman Kay Hoog repêche, un jour qu’il concourre à une régate, une bouteille contenant l’appel à l’aide d’un éminent archéologue détenu par les incas cruels d’el Dorado. Ainsi que d’un Bob Morane entraîné par le souffle de l’aventure, le sang de Hoog ne fait qu’un tour, il lui faut bien sûr délivrer le pauvre homme, aller au devant des dangers, et peut-être s’emparer de l’or. Mais, avant même son départ de San-Francisco, les sbires de la société secrète Les Araignées, aux dimensions insoupçonnées, se dressent sur sa route.
A la tête de ses poursuivants, la belle et terrible métisse Lio Sha n’aura de cesse que de l’avoir conquit, ou éliminé...

Tout est dualité basique dans cette aventure exotique : deux femmes, deux villes (San-Francisco et son double souterrain), l’individu moral opposé aux groupes corrompus par les vice... Le roman semble avoir été écrit pour galvaniser un cœur de scout, mais ce défaut imputable au genre est au final plaisant, et d’une certaine manière structurant. Car il nous permet d’imaginer Lang en jeune homme, visionnaire transi, déjà auteur de quelques scénarios adaptés sans parfois même qu’on l’en crédite au générique, brûlant de la vision d’un cinéma radical et moderne, de dépaysement et d’aventure, un cinéma de divertissement et de rebondissement calqué sur les serials Américains où Français.

Le pire de l’époque allant avec le meilleur, la xénophobie à l’œuvre dans le texte est très virulente, les chinois de Frisco sont des conspirateurs de souterrains, les incas des fanatiques assoiffés de sang... La simplicité des situations et des figures est par contraste embrassée par un réel talent de composition, une science de la description, du mouvement. Errich Pommer, producteur, ne s’y trompera pas et fera de l’adaptation du serial à l’allemande un coup commercial autant qu’une impulsion moderniste.

Les Araignées
Ed du Serpent à plumes, Coll. Motifs
Mai 2005

B. Illos

+

 

Attente : Rashid Masharawi
Gentille : Sophie Filières
Vera Drake : Mike Leigh
A Travers la forêt : Civeyrac
The Shield : Shawn Ryan
Charlie et ... : Burton
Travaux : Brigitte Roüan
3...Extremes
Eternal Sunshine : Gondry
Obras : Hendrick Dussolier


Purgatoire : J.Lacoste : Colline
Adeline Frossard : sans titre 2005
Electra : Le Voyage Intérieur
Dada : Beaubourg
Kim Hiorthoy
Richard Kern


Gontcharov : Oblomov
J. Fforde : L’Affaire Jane Eyre
Everyday : Nananan
20th Century boys : Urasawa
Les Araignées : Fritz Lang
Jeunesse Soviétique : Maslov
Blue : Kiriko Nananan
Les Boutiques de Cannelle


Duracell : Turrican
Amen Break : N.Harrison
I Love Death : H. Häyhä


Fuh & The Fagetz
Filastine : Burn It
Halfstrike : After Deep Rest
Depth Affect : Arche Lymb
Great Jewish Music : Gainsbourg
Soirées Nomades : Battles
Wisp : NRTHNDR
Non-Stop : Road Movie...
Why ? : Elephant Eyelash
Vex’d : Degenerate
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