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La Tête au Carrey

Eternal Sunshine : Gondry
4 mai 2005.
 


Grand gourou de l’image ces dix dernières années, créateur de recettes chocs autant pour de nombreux clips (Bjork, Radiohead, Kylie Minogue...) que pour la pub (Air France, Smirnoff...) on attendait Gondry au tournant il y a déjà trois ans avec son premier film, Human Nature, comme on l’aurait fait d’un musicien sur le point de sortir un album après des maxi brillants.
La déception avait été à la hauteur de l’attente, immense, et on avait vite résolu de se dire que Gondry ne relèverait jamais le pari de nous faire briller le fond des yeux avec un projecteur comme il avait coutume de le faire avec un tube cathodique. Pas grave, le résultat de ses collaborations avec les Whites Stripes pourrait nous consoler encore longtemps. On se rendit donc avec peu d’optimisme à la séance d’ Eternal Sunshine, et c’est avec d’autant plus de régal qu’on le reçu, grand bain d’idéalisme rêveur et méticuleux qui réjouît enfin toutes les attentes que l’on avait, marquant la vrai naissance de Gondry au long métrage.
Rien de très brillant dans ce scénario de science fiction familiale, basé sur une idée de Gondry mise en forme par Charles Kaufman, décidément coutumier des options créatives de savant fou à la « Chérie j’ai rétrécit les gosses » et des rebondissements à tiroirs dans le tiroir.
L’histoire dégouline de bons sentiments : un garçon timide (Jim Carrey, à la hauteur), se fait harponner par un beau brin de fille extravertie (Kate Winslett, à son meilleur - c’est à dire comme on ne l’a jamais vue). Comme elle n’est pas très stable elle décide, pour se venger des poils dans la baignoire et autres tracasseries du quotidien, de faire effacer de sa mémoire le souvenir de son compagnon par une start-up pleine d’avenir. L’opération est un succès, mais ce n’est que le début des ennuis pour nos deux héros...

Le scénario n’est heureusement que le guide de pays encore à bâtir, et le traitement apporté est magistral. Commençant comme une comédie sentimentale de plus, on se retrouve très vite happé dans l’univers paradoxal, fantasmagorique de Gondry. Quand l’amoureux éconduit décide sur un coup de tête d’effacer à son tour son amour, pour ne plus en souffrir, il commet une erreur qu’un long périple ne suffira pas entièrement à réparer.
Vite gagné par le regret il va lui falloir lutter pour garder ses souvenirs intacts, plongeant dans le flux d’une mémoire rendue palpable par les artefacts de Gondry.

C’est la grande jubilation de ce film que d’y découvrir la transposition de son univers personnel sur un récit plus ample. Une grande course paranoïaque contre soi même démarre dans un monde en perpétuel affaissement. Il va falloir partir en quête du lointain, du refoulé, de l’oublié dans l’univers purement théorique de la mémoire, qui fonctionne par affinités chronologiques, verbales, esthétiques, sonores, où s’amalgament les champs notionnels de manière confuse.
Cet entre-deux du temps filmé porte un nom, c’est le flash-back, espace de liberté où la conscience peut vaquer dans ses assemblages temporels à des montages plus libres. Eternal... est pensé comme ce grand flottement où se débat le personnage halluciné de Jim Carrey, qui voit s’effacer peu à peu sous ses yeux le monde dont il était coutumier.

Sur un plan purement visuel, les facéties pleuvent et il serait impossible de les énumérer, mais de plan palindrome en maquillage de perspective le guetteur de truc n’a guère le temps de s’ennuyer. On est tout de même ravit que l’ensemble soit structuré par une trame narrative moins balisée qu’on ne l’aurait cru, et que l’identification fonctionne même parfois à plein régime. Quelques lignes de dialogues tendent le miroir aux grands jaloux, d’autres croquent le couple moderne dans un élan naturaliste et l’on s’étonne presque de n’être pas happé que par l’effet.

Eternal Sunshine of the Spotless Mind
De Michel Gondry
DVD Juin 2005
Universal Vidéo

Benjamin Ferrand

+

 

Attente : Rashid Masharawi
Gentille : Sophie Filières
Vera Drake : Mike Leigh
A Travers la forêt : Civeyrac
The Shield : Shawn Ryan
Charlie et ... : Burton
Travaux : Brigitte Roüan
3...Extremes
Eternal Sunshine : Gondry
Obras : Hendrick Dussolier


Purgatoire : J.Lacoste : Colline
Adeline Frossard : sans titre 2005
Electra : Le Voyage Intérieur
Dada : Beaubourg
Kim Hiorthoy
Richard Kern


Gontcharov : Oblomov
J. Fforde : L’Affaire Jane Eyre
Everyday : Nananan
20th Century boys : Urasawa
Les Araignées : Fritz Lang
Jeunesse Soviétique : Maslov
Blue : Kiriko Nananan
Les Boutiques de Cannelle


Duracell : Turrican
Amen Break : N.Harrison
I Love Death : H. Häyhä


Fuh & The Fagetz
Filastine : Burn It
Halfstrike : After Deep Rest
Depth Affect : Arche Lymb
Great Jewish Music : Gainsbourg
Soirées Nomades : Battles
Wisp : NRTHNDR
Non-Stop : Road Movie...
Why ? : Elephant Eyelash
Vex’d : Degenerate
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