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Finland of Plenty

I Love Death : H. Häyhä
1er avril 2005.
 


Il fut une époque (pas si lointaine) où la télévision accueillait encore des expériences visuelles différentes, sans doute plus tièdes que celles d’Averty, mais encore bouillonnantes. Certes elles n’étaient pas nombreuses, mais une génération qui n’allait pas tarder à découvrir les drogues de synthèse pu affranchir ses perceptions devant L’œil du Cyclone sur Canal+, à l’heure où l’on s’évadait du déjeuner dominical. C’était l’époque où le département des programmes courts de Canal avait de la substance. Depuis l’air s’est encore raréfié - même si l’on ne peut nier le caractère expérimental de certains reality shows, au sens strictement propédeutique du mot.
Cependant, un ersatz a vu le jour il y a déjà plus d’un an, et s’il est de tenue inégale il n’en demeure pas moins ce ramassis de petits films tordus parfois chers à nos cœurs.
Mensomadaire a donc le bon goût de diffuser dans le désordre des films signés Plympton, Pierre Lapolice mais aussi Madin, Segundo de Chomon, dans une joyeuse anarchie ; et finalement de se faire le reflet aux marges d’une certaine création visuelle. Comme souvent dans ce genre de revue, le clip est le parent pauvre du film court, moins objet d’exposition et de fortune critique que média promotionnel ludiquo-jetable, faisant le grand écart entre la publicité et le cinéma primitif d’attractions. Certes le progrès des éditions DVD d’anthologies, le nombre croissant de festivals dédiés ou s’ouvrant au clip (notamment Clermont, une petite révolution) contribuent à la meilleure appréhension d’une forme qui, parce qu’impure en terme de diffusion, de mise en scène et de financements, accueille des artistes au profil parfois très atypique - parfois novateurs - et donc d’avance hors-jeu.
On aura comprit que même dans Mensomadaire la place consacrée au clip est minime, mais quand par bonheur l’un d’eux est diffusé, la surprise peut se révéler de taille, et loin de ce que déversent les robinets mollassons des chaînes spécialisées.

Dans son dernier cru, l’émission "des curiosités visuelles" présentait donc un petit bijou de narration clipesque linéaire, sur fond de chanson cynique signée Lodger. L’une des vidéos pour ce groupe finnois, composée sur le même mode, avait été présentée aux rencontres Cinésong à Paris, qui avait accueilli une rétrospective du music vidéo festival de Oulu - messe finlandaise du clip.
Réalisé dans un média permettant le pire comme le meilleur - Flash pour ne pas le nommer - l’animation intitulée I Love Death est un life-spot (très tendance en ce moment, cf. les pubs pour Axa, E.D.F., Xbox... qui vous racontent votre vie en une minute), ayant pour héros un être sommaire, dessiné en quatre traits, pourvu d’un seul œil, veule, alcoolique et malchanceux, incarnation idéale des chanson à la première personne de Lodger et personnage récurent de leurs clip, tous créés "sur un portable volé" par Hannes Häyhä.

Dès son enfance condamné à manger la tartine de m... qu’est la vie par les deux bouts l’anti-héros évolue vers une fin certaine avec ce mépris qu’ont seuls les désespérés. Chaque relation humaine charriant son lot d’humiliation le bonhomme fini très logiquement par agir lui aussi comme une ordure, fermant ainsi une boucle de cauchemar à la fois hilarant et désespéré. On se demande presque à regarder une seconde fois l’objet ce qui nous prend d’accorder autant d’humanité à un personnage en fil de fer, évoluant linéairement le long d’un scrolling (travelling ?) monacalement parsemé d’aplats de couleurs, et pourtant pas un instant l’identification ne cesse de fonctionner.
I love Death est peut-être, sur le lien courant du clip au comic-strip, ce qu’il y a de plus contemporain, ironique, urgemment exécuté à l’encre de la première personne ; de ces beautés plus fortes qu’elles sont sans vanité.


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Trois questions à Hannes Häyhä :

L’Anglais c’est un peu le Flash des langues : tout le monde a le plug-in.
Je pense que l’anglais est devenu la langue par excellence du rock’n’roll, et que le langage que tu utilises dans tes chansons ou celui que tu emploies pour tes vidéos importent peu : ce qui fait la différence à la fin, c’est la musique...

La musique est brillamment tissée avec vos vidéos.
Je tiens la basse dans le groupe, en écrit les chansons et réalise les vidéos à mes heures perdues. C’était plutôt facile pour moi de choisir le ton à adopter !

Le cynisme du Lodger fait des émules bien en dehors des frontières finlandaises.
Lodger n’est pas cynique, juste drôle ! En effet, nous avons remporté deux fois le prix du meilleur clip en Finlande, mais aussi le prix de la meilleur animation flash à Bradford en 2004. J’espère qu’il continuera à faire le tour du monde dans les festivals.

voir le site de Lodger

©H.Häyhä

 

Attente : Rashid Masharawi
Gentille : Sophie Filières
Vera Drake : Mike Leigh
A Travers la forêt : Civeyrac
The Shield : Shawn Ryan
Charlie et ... : Burton
Travaux : Brigitte Roüan
3...Extremes
Eternal Sunshine : Gondry
Obras : Hendrick Dussolier


Purgatoire : J.Lacoste : Colline
Adeline Frossard : sans titre 2005
Electra : Le Voyage Intérieur
Dada : Beaubourg
Kim Hiorthoy
Richard Kern


Gontcharov : Oblomov
J. Fforde : L’Affaire Jane Eyre
Everyday : Nananan
20th Century boys : Urasawa
Les Araignées : Fritz Lang
Jeunesse Soviétique : Maslov
Blue : Kiriko Nananan
Les Boutiques de Cannelle


Duracell : Turrican
Amen Break : N.Harrison
I Love Death : H. Häyhä


Fuh & The Fagetz
Filastine : Burn It
Halfstrike : After Deep Rest
Depth Affect : Arche Lymb
Great Jewish Music : Gainsbourg
Soirées Nomades : Battles
Wisp : NRTHNDR
Non-Stop : Road Movie...
Why ? : Elephant Eyelash
Vex’d : Degenerate
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